HR FESTIVAL europe 2022

«Je veux me lâcher avec cette nouvelle marque!»

Jean-Claude Biver est venu partager sa passion pour l’horlogerie et ses motivations professionnelles au HR Festival europe 2022. Extraits choisis.

 

C’est l’un des managers les plus extraordinaires de Suisse... Jean-Claude Biver est considéré comme le sauveur de la montre mécanique et connu pour le développement de marques horlogères de premier plan. L’entrepreneur d’origine luxembourgeoise a redonné vie à Blancpain, aidé Omega à retrouver son éclat et décuplé les ventes de Hublot en seulement quelques années. Il a annoncé il y a quelques semaines le lancement d’une nouvelle marque, JC Biver, qu’il développe aujourd’hui avec son fils Pierre Biver. Un sujet qu’il n’a pas manqué d’aborder lors de son intervention sur le Main Stage du HR Festival europe, en compagnie du journaliste Tobias Müller.

La motivation
«La passion, c’est ce qui donne du sens à la vie. Je pense que le travail peut être plaisant uniquement quand il vient s’ajouter à une passion personnelle. C’est pourquoi il est si important d’en trouver une dans sa vie, peu importe qu’il s’agisse des montres ou des abeilles.»

Émotions horlogères
«C’est à 18 ans que j’ai vécu ma première émotion forte en raison d’une montre: une pièce de mon grand-père que j’ai reçu en cadeau et que j’ai… perdu! Durant ma carrière, j’ai toujours mis l’accent sur les émotions plutôt que sur l’affichage du temps, puisque n’importe quel téléphone portable est aujourd’hui capable de vous indiquer l’heure.»

Sa nouvelle marque
«C’est une immense joie de pouvoir m’investir sur ce projet. Je ne le fais pas pour moi, mais pour mon fils Pierre, qui est aujourd’hui âgé de 22 ans (Jean-Claude Biver est père de cinq enfants, ndlr). Nous passons jusqu’à douze heures par jour ensemble. On s’habitue et on prend vite goût à ce contact professionnel quotidien. D’autant plus qu’il n’y a rien de mieux que de pouvoir partager cette passion.»

Rester à la page
«La collaboration avec mon fils est un échange permanent. Il m’apprend beaucoup de choses, par exemple pourquoi la jeunesse pense différemment. Rester curieux et savoir apprendre, cela veut dire que l’on est vivant! La transformation numérique en cours montre aussi l’importance de se montrer ouvert à la nouveauté. Le moyen d’apprendre de nouvelles choses, c’est de savoir être à l’écoute. Si l’on n’en est pas capable, on risque de se retrouver mis sur le côté.»

Doutes
«Je pense qu’il est essentiel d’apprendre à douter. Il s’agit d’un «ami bienveillant» pour vérifier et confirmer le bien-fondé d’une décision. Ce matin par exemple, j’ai douté de l’appellation de la nouvelle marque, JC Biver. Est-ce vraiment juste, ce nom marchera-t-il encore une fois que je ne serai plus là? Puis je me suis dit: «Attends, le nom Biver et connu, et à ma mort, la marque poursuivra sa route avec un autre Biver à sa tête, c’est donc le meilleur nom possible!»

Vie de hippie
«A la fin des années 1960, j’ai vécu au sein d’une communauté dite «hippie». Durant ces quatre années, j’ai appris à tout partager. Je reste d’ailleurs toujours hippie tant dans mon cœur que dans mon esprit.»

Les futures montres JC Biver
«Je veux me lâcher avec cette nouvelle marque! Faire tout ce que je n’ai pas pu faire par le passé. Parce que durant ces cinquante dernières années, j’ai toujours dû faire des concessions, respecter certaines règles. Mon autre ambition, c’est la maîtrise de l’invisible, ce qui constitue l’âme d’une montre. Je veux mettre cet aspect insaisissable dans mes modèles et le rendre perceptible aux acheteurs à travers les vibrations...»

La recette du succès
«Mes collaborateurs. Avoir pu observer leur développement demeure ma plus grande fierté. Le rôle d’un dirigeant consiste à élever à faire ressortir le meilleur de chacun de ses employés. Malheureusement, cette mission s’est un peu perdue de nos jours, au profit de la poursuite d’objectifs purement comptables.»

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Erik Freudenreich est le rédacteur responsable de la version française du site HR Today.

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