Le développement durable

Deux établissements publics genevois montrent l’exemple de la durabilité

Les Transports Publics Genevois (TPG) et l’Hospice général (HG), deux établissements publics autonomes du Canton de Genève, ont mis sur pied une politique de développement durable. Avec un objectif environnemental, mais également social et économique. Au-delà des déclarations d’intentions, quelles en sont les applications pratiques? 

 

Le développement durable, un outil de management? A Genève, les Transports Publics Genevois (TPG) et l'Hospice général (HG), une institution en charge de l'aide sociale aux plus démunis, répondent chacun à leur manière à cette question. 

Voici donc deux entreprises autonomes, deux publics cible distincts, deux styles de management. Mais avec, depuis quelques années, la volonté de mettre le développement durable au cœur de leurs préoccupations. L'objectif commun? Répondre au mieux aux attentes de leur clientèle, de leurs collaborateurs et aussi de leur autorité de tutelle, l'Etat de Genève. 

Un service dédié, directement rattaché à la direction générale

Aux TPG, l'instauration d'une politique de développement durable est grandement due à son magistrat de tutelle, le conseiller d'Etat Vert Robert Cramer. «Depuis plusieurs années, les TPG ont souhaité avoir une politique de développement durable novatrice et transversale», explique Isabel Pereira, porte-parole de la régie au logo orange. Entendre par là que tous les secteurs de l'entreprise se sont mis au diapason. 

D'abord rattachée au RH, la politique de développement durable a pris de l'ampleur avec la création en 2007 du service SQSE (Santé, Qualité, Sécurité et Environnement). A sa tête, Marie-Laure Sommer. «Ce service est directement rattaché à la direction générale», explique-t-elle. Par souci de neutralité, mais surtout pour marquer la volonté forte des TPG de se positionner comme une entreprise de «développement durable». 

Aux TPG, le service de Marie-Laure Sommer a donc défini sept engagements qui visent à proposer une offre de transports de qualité dans le respect des principes du développement durable. «Nous sommes une entreprise de transport, la gestion environnementale de cette mobilité est donc très importante pour nous», explique-t-elle. Cela passe par l'utilisation d'énergies propres ou renouvelables, comme l'électricité d'origine hydraulique. Les TPG disposent d'une centrale photovoltaïque sur le toit de leur dépôt de la Jonction. Autre préoccupation, la qualité de l'air. En installant des filtres à particules sur les véhicules ou en privilégiant, lors de l'achat des véhicules, les bus dernière génération aux standards les plus sévères. Ménager l'eau et recycler les eaux de lavage est également un point sur lequel les TPG ne transigent pas. Last but not least, la régie de transport offre des cours d'éco-conduite à ses chauffeurs. Le but est d'apprendre à conduire en anticipant et en adaptant son comportement à toutes les situations. Avec à la clé une réduction de la consommation de carburant et des émissions de gaz à effet de serre. 

Si l'aspect environnemental prend donc une place importante, les deux autres éléments du développement durable - les volets sociaux et économiques - sont loin d'avoir été oubliés. L'aspect économique? «Nos services sont de qualité, économiquement performants et doivent être accessibles à tous, au juste prix et équitables, raconte la responsable du service SQSE. En intégrant le respect de nos clients et l'amélioration continue, ainsi qu'en alliant rentabilité et éthique.» 

Dans le volet social, la formation, la mobilité interne, la prévention des accidents, de même que des prestations sociales de qualité et l'absence de discrimination sont «les piliers de notre politique de ressources humaines», explique encore Marie-Laure Sommer. Les TPG proposent aussi aux collaborateurs un programme de prévention de l'addiction et une information sur la cyber dépendance! «Un chauffeur qui passerait sa nuit sur le web ne serait pas en forme pour conduire le lendemain», glisse Marie-Laure Sommer. Les TPG mènent également des campagnes sur le harcèlement tant moral que sexuel ou sur la sécurité et la violence. 

Mise en valeur des compétences des collaborateurs de longue date

A l'Hospice général, la politique de développement durable n'est pas encore aussi aboutie qu'aux TPG. Ici, c'est l'agglomération de projets qui donne cette coloration développement durable. Du plus «simple», comme la rationalisation du parc d'imprimantes, qui permet une économie de Frs 90 000.- par année, à des projets plus élaborés comme la valorisation de la diversité générationnelle. En bref, la mise en valeur des compétences des collaborateurs de longue date, ainsi que le transfert de savoir-faire. Des exemples en droite ligne d'un management estampillé développement durable.

«Pour l'institution, qui compte près de 900 collaborateurs, le développement durable est une préoccupation qui ne date pourtant pas d'hier», explique Serge Mimouni, DRH et en charge de la gestion de ce dossier. «Nous avons quantité de projets qui correspondent à la définition de développement durable, mais qui ne sont peut-être pas toujours expliqués ou valorisés en tant que tels. D'où l'effort de communiquer à l'interne et à l'externe notre volonté de favoriser un management «développement durable». 

D'ailleurs, l'HG a récemment mandaté Usine 21, une association de conseil en développement durable, composée principalement d'étudiants, de jeunes diplômés de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) et des Universités de Lausanne et Genève, pour effectuer un audit environnemental de deux de ses 55 lieux de travail. Un point parmi d'autres relevés par l'audit: le bâtiment principal situé dans le quartier de Rive consomme plus d'eau que de raison. Conséquence? Des économies à la clef et une meilleure gestion des ressources naturelles. «C'est un exemple simple mais qui a son importance, sourit Serge Mimouni. Du coup, nous pensons étendre l'audit à l'ensemble de nos lieux de travail». 

On l'a dit, l'Hospice général foisonne de projet DD. Pêle-mêle, citons le plan mobilité qui comprend l'incitation à la mobilité douce (vélo, transports publics), la récupération de matériel informatique ou le recyclage du papier, pour l'aspect écologie. Mais pour l'Hospice général, comme pour d'autres entreprises, engager une démarche de développement durable signifie rechercher une performance non seulement environnementale mais aussi sociale et financière. Pour le volet social, l'HG encourage le temps partiel - même pour les cadres - et investit massivement dans la  formation continue des collaborateurs. L'institution se veut aussi une entreprise formatrice. Les 55 lieux de travail comptent quasiment tous un jeune en formation. Et l'aspect financier? «Nous avons une gestion financière fiable et efficace, souligne Serge Mimouni. Nous disposons d'indicateurs des performances et de tableaux de bord. Quant à notre politique d'achat, elle est résolument responsable».

 

Les intervenants

Marie-Laure Sommer dirige le service SQSE (Santé, Qualité, Sécurité et Environnement) aux Transports publics genevois. 

Les intervenants

Serge Mimouni est le DRH de l'Hospice général de Genève. 

 

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