Conseils pratiques

Les cent premiers jours du manager

Le manager fraîchement nommé devra se familiariser avec la structure organisationnelle tout en conduisant l’opérationnel. Ce sera aussi son rôle de créer ou recréer une dynamique d’équipe.

Le cycle des 100 jours dans une nouvelle fonction est un concept bien acquis pour le manager nouvellement promu. Cette période est déterminante pour appréhender le nouveau poste avec succès. Lorsqu’il est vécu en alignement avec ses valeurs, tant celles du manager, que celles de l’entreprise qui a choisi de le nommer, ce temps est un ancrage fort. Le manager peut alors s’engager avec confiance et appréhender pas à pas et le plus sereinement possible les objectifs qui lui sont fixés.

Le facteur organisationnel

La prise de fonction est une période critique dans la complexité croissante des organisations. Comprendre les enjeux stratégiques qui guident les actions au quotidien, les politiques de l’entreprise, intégrer une nouvelle structure organisationnelle, en maîtriser les processus et les fonctionnements sont autant de défis auxquels doit faire face le nouveau manager. Pendant ce temps, on attendra aussi de lui qu’il conduise les opérations et les projets sous sa responsabilité, et qu’il accompagne les évolutions nécessaires, dans des délais toujours plus courts et avec des effectifs et des moyens toujours plus limités.

Le facteur humain

«La beauté d’une fleur n’est pas (simplement) dans ses pétales et sa tige»: comprendre le système informel constitué par tout un ensemble d’acteurs internes et externes, découvrir le style de management, les comportements, les influences et les alliances, la vie de l’entreprise, son histoire, celle de ses collaborateurs, de ses clients et partenaires, nourrit le riche terreau des relations humaines.

A ce stade de son engagement, le manager dispose encore de peu d’appuis à tous les niveaux pour évaluer et décider des orientations et des actions à prendre. Il fait face à des collaborateurs qui attendent d’être guidés, soutenus, voire protégés! Tisser des relations de confiance, créer ou re-créer une dynamique de l’équipe dont on attend qu’elle partage une vision, des valeurs et des objectifs communs, et qu’elle produise des résultats, est une étape déterminante dans le parcours d’intégration du manager promu et dans sa réussite.

Responsabilité partagée

Dans ce vaste paysage qu’est celui de l’entreprise, on mesure bien les multiples enjeux et la complexité auxquels le manager nouvellement promu est confronté durant les mois qui suivent sa prise de fonction. Pour réussir, chaque être humain a besoin de se sentir considéré dans ses responsabilités, écouté, reconnu, apprécié comme personne, et intégré. Voilà autant de signes de reconnaissance que tout un chacun aimerait ressentir, qui sont subjectifs, qui ne se voient pas et qui permettent à chacun de trouver sa place et de s’y sentir bien. Pour être à même de développer des relations de confiance avec les autres et pour prendre sa place, il incombe à chacun de développer une relation de confiance à soi, et d’en prendre soin. Réussir la prise de fonction n’est donc pas le seul fait de la personne, mais bien une responsabilité partagée entre la personne et l’entreprise.Dès lors, quels moyens celle-ci accorde-t-elle pour construire cette base solide si indispensable au succès de la prise de fonction?

Négliger de se poser cette question ou la faire passer au second plan peut avoir des conséquences regrettables de part et d’autre: d’ici à ce que les managers soient remplacés par des robots, l’investissement humain demeure un incontournable – ô combien précieux – pour assurer le développement sain et durable de nos entreprises, de ceux qui s’y développent et qui en assurent le développement.

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Davantage d'articles de Anne Fankhauser

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