premium Santé au travail

La formation continue, un pilier stratégique pour la sécurité et la santé au travail

En 30 ans, le nombre d'accidents de travail a diminué de 50% en Suisse, mais les absences pour raisons psychiques augmentent. Selon un sondage, 37% des membres de la SSST disent avoir de la peine à satisfaire aux exigences légales en matière de formation continue.

Créée en 1984, la Société suisse de sécurité au travail (SSST) réunit plus de 2000 spécialistes de la sécurité et de la protection de la santé au travail dont le rôle est d’accompagner les entreprises dans la mise en place de concepts de sécurité et de protection de la santé des travailleurs.

Un engagement qui a contribué à la diminution de plus de 50% des accidents de travail en Suisse au cours des trente dernières années (voir statistique SUVA 2025), mais ne doit pas occulter la forte augmentation des absences pour des raisons psychiques, la tertiarisation de la société exposant davantage les collaborateurs·trices aux burn-outs qu’aux chutes! Une évolution qui constitue à la fois un nouvel enjeu de santé publique et un défi pour les entreprises qui peuvent s’adresser à un spécialiste de la protection de la santé pour mettre en place des mesures de prévention. La SSST, à l’instar d’autres associations, publie sur son site internet un registre qui répertorie les experts disponibles et reconnus en Suisse.

Le temps nécessaire à la formation doit être pris sur le temps de travail

En Suisse, l’employeur a l’obligation de faire appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs. Ces personnes sont tenues de suivre chaque année un certain nombre d’heures de formation continue. Selon l’Ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies professionnelles (Art. 7): «Le temps nécessaire à la formation et au perfectionnement est en principe considéré comme temps de travail.» Une des autres missions assignées à la SSST est la certification et le contrôle du statut de la formation continue des ingénieurs de sécurité, chargés de sécurité, experts et spécialistes STPS. 

En pratique, selon un sondage mené auprès des membres de la SSST, 37,5% d’entre eux déclarent avoir des difficultés pour satisfaire aux exigences légales en matière de formation continue. Parmi les principales raisons invoquées, la difficulté de trouver des formations qui répondent à leurs besoins, le peu de soutien de leur employeur ou encore l’absence de peur de se voir contrôlé ou sanctionné. 

Ces résultats interpellent et démontrent que la sécurité au travail est trop souvent perçue comme une contrainte par les entreprises, qui doivent composer avec d’autres priorités.

Davantage de contrôles

La SSST attend davantage de soutien et de contrôles de la part des organes d’exécution, la SUVA, le Seco et les cantons qui ont la responsabilité de rappeler à leurs obligations les entreprises et les spécialistes qui ne seraient pas à jour avec leur formation continue. De son côté, la SSST dont la mission principale est de soutenir les spécialistes dans leurs projets de formation, publie un catalogue en ligne de formations labellisées accessibles à ses membres.

En Suisse, la formation continue constitue un pilier fondamental de la prévention des accidents au travail. En intégrant la formation continue dans leurs pratiques, les entreprises peuvent non seulement réduire les risques, mais également renforcer leur compétitivité et améliorer le bien-être de leurs collaborateurs·trices. À l’heure où les environnements de travail évoluent rapidement, investir dans la formation continue est une stratégie gagnante pour bâtir un avenir professionnel plus sûr et durable.


Nouvelle baisse des accidents professionnels

La Suva assure environ la moitié des personnes actives en Suisse contre les accidents et les maladies professionnelles. En 2025, plus de 480 000 nouveaux cas ont été enregistrés et acceptés, en baisse de 0,9% par rapport à 2024. Si la baisse des accidents et des maladies professionnels s’est poursuivie, les accidents durant les loisirs ont, eux, augmenté de près de 3%.

commenter 0 commentaires HR Cosmos

Christian Wyssmüller est le président de la Société suisse de santé et sécurité au travail (SSST).

Plus d'articles de Christian Wyssmüller

Cela peut vous intéresser