Innovation collective

Miser sur les méthodes créatives pour doper les résultats d'une réunion

S’inspirer des méthodes créatives permet à chacun d’améliorer les résultats d’une réunion tout en augmentant le climat de travail. Alors pourquoi s’en priver?

Imaginez cette situation: vous devez animer une séance de travail dans l’objectif de proposer des solutions originales. Vous savez que le simple tour de table, type brainstorming classique, n’aboutit en général qu’à des réponses déjà connues ou à l’adoption de l’idée proposée par la personne la plus influente du groupe.

Les méthodes créatives permettent d’augmenter significativement le nombre et l’originalité des idées produites. En effet, lorsque confronté à un problème, chacun sollicite en premier des connaissances rapidement accessibles et connues. Pour trouver des pistes plus fraîches, il est nécessaire de prendre de la distance, de faire un détour pour mettre en relation imaginaire et réalité. Comment? La réponse en quatre lettres: CQFD.

Censure interdite! A l’évocation d’une idée, un participant fronce les sourcils, émet des critiques ou rappelle que cela avait déjà était tenté il y a quelques années? C’est le meilleur moyen pour brider la créativité et tuer toute initiative. Ce réflexe bien naturel peut être combattu en fixant au préalable cette règle et en formulant le sujet à traiter sous la forme « quelles sont toutes les façons de ... ?». En complément, mettez à disposition du groupe une cloche ou autre objet sonore pour rappeler à l’ordre tout contrevenant.

Quantité d’abord. L’expérience montre que les meilleures idées arrivent souvent avec les dernières idées générées. Proposez donc le défi de produire un nombre très ambitieux d’idées et découpez la séance en plusieurs itérations courtes, basées sur des techniques différentes pour s’adapter à toutes les personnalités.

En guise d’échauffement, l’exercice de l’écriture automatique permet à chacun de prendre sa place, notamment les introvertis. Il joue également le rôle de purge des idées connues. Il consiste à écrire un texte, qui restera individuel, en notant sans lever le stylo tout ce qui passe par la tête en rapport avec le sujet à traiter.

Avec le photolangage, on aide à prendre de la distance par rapport à la problématique et on facilite l’association d’idées par le biais d’une connexion forcée. En effet, en se laissant inspirer par des photos de paysages, d’objets, d’animaux, de personnages inspirants, on se donne la possibilité de vagabonder, de s’immerger dans un environnement autre pour ensuite opérer un croisement avec le thème de la réunion.

Démultiplier, c’est-à-dire rebondir, transformer et combiner des pistes déjà émises s’obtient par exemple avec la technique du mind-mapping, où le thème à traiter est inscrit au centre d’une grande feuille. Les participants notent spontanément quelques points en rapport avec celui-ci, réalisant ainsi une première couronne. Puis le sujet de départ est volontairement masqué, pour permettre aux participants de rebondir sur chaque mot périphérique. Et ainsi de suite, pour s’éloigner autant que possible du point de départ et augmenter les chances de produire des idées originales.

Les techniques décrites permettent de favoriser la divergence, de stimuler l’imaginaire et de produire un grand nombre d’idées. L’étape suivante, celle de la convergence, consistera à trier et choisir les plus prometteuses pour s’approcher progressivement de solutions nouvelles et réalisables.

De l'utilité des méthodes sensibles

Les sens peuvent également être utilisés pour favoriser la créativité. Les yeux fermés, les participants sont invités à exprimer ce qu’ils expérimentent, après avoir senti parfums, huiles essentielles, épices ou touché tissu, laine, bois, métal. Ces techniques ne sont que quelques exemples des méthodes dites sensibles, qui comprennent également les outils de visualisation ou de rêve éveillé. Elles utilisent la lenteur, les émotions, l’intuition et s’appuient sur des formulations plus ouverte, plus floues, pour réveiller en profondeur l'imaginaire et explorer des registres différents de la pensée. L’animateur devra les faire précéder d’un nécessaire temps de relaxation.

 

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Depuis une vingtaine d'année, Frédéric Sauzet conçoit et anime des ateliers collaboratifs destinés à améliorer les performances des organisations. Il gère innovecteur.com, le blog qui permet à tous les professionnels de l’innovation de rester passionnés par leur métier. Au bénéfice de deux Masters – Génie Mécanique et Executive MBA - il est coach certifié. Il a par ailleurs obtenu le CAS Formateur d’adultes à l’Université de Genève.

 

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