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Les «objectifs de développement intérieur» arrivent en Suisse

Conçus par une fondation suédoise, les Inner Development Goals (IDGs) sont une série de compétences et de qualités qui permettent de contribuer à titre individuel aux objectifs de développement durable définis par l'Organisation des Nations Unies.

L’initiative mondiale des Inner Development Goals (IDGs) énumère les capacités, qualités et compétences dont nous avons besoin pour atteindre les dix-sept objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’ONU en 2015. Ce mouvement souhaite former, inspirer et donner aux gens les moyens d’être une force positive de changement dans la société et de trouver une façon plus utile de considérer nos vies et celles des gens qui nous entourent.

Les ODD dessinent un plan complet pour un monde durable d’ici 2030. Ces objectifs couvrent un large éventail de questions qui concernent des personnes ayant des besoins, des valeurs et des convictions différentes. Il existe une vision de ce qui doit se passer, mais les progrès dans ce sens sont jusqu’à présent décevants. Le dernier rapport du GIEC paru au début du mois d’avril en est un aperçu en matière d’enjeux climatiques. La recherche moderne montre que les capacités intérieures dont nous avons tous besoin aujourd’hui peuvent être développées. C’est le point de départ de l’initiative des «Inner Development Goals».

Compétences et qualités

L’initiative des IDGs fournit à la fois un cadre essentiel de compétences transformatrices pour le développement durable, ainsi qu’un kit de terrain, gratuit et disponible à tous, sur la façon de les développer. Le cadre actuel des IDGs définit cinq catégories et vingt-trois compétences et qualités qui sont particulièrement cruciales pour les dirigeants qui s’occupent des ODD, mais fondamentalement pour l’ensemble du public. Il s’agit du meilleur accélérateur possible pour atteindre les objectifs de développement durable et contribuer à créer un avenir prospère pour toute l’humanité. Il faut souligner que les ambassadeurs du projet, dont je fais partie, perçoivent les efforts en matière de législation, de développement technologique, de formation, et d’information comme étant tout aussi importants.

Des applications concrètes

Un nombre important d’initiatives se veulent très concrètes. D’ici un an, lors du deuxième sommet au sujet des Inner Development Goals, un premier bilan pourra être tiré. Sur la base des recherches menées par le Karolinska Institute (Stockholm), réputé en la matière, deux axes ont été identifiés:

  1. Formation en leadership – selon moi de préférence en suivant l’approche de «Humble Leadership» de Peter et Edgar Schein – et éducation en matière du développement durable. Ce dernier point fait joliment écho à une suggestion récente de Jean-Marc Jancovici, co-auteur de l’ouvrage «Le monde sans fin», à l’adresse du président français Emmanuel Macron de «former des fonctionnaires en exercice aux enjeux énergie climat».
  2. Formations basées sur la nature et la pleine conscience. La fondation à but non lucratif 29k a développé une application mobile gratuite qui permet entre autres de s’évaluer par rapport aux Inner Development Goals, de réfléchir dessus, et de choisir parmi les objectifs celui ou ceux que l’on souhaite développer en priorité.

Finalement, des approches comme celle de Robert Kegan («Immunothérapie du changement»), d’Amy Edmondson («The fearless organization»), ou d’Otto Scharmer (Théorie U, Presencing Institute) viennent en appui direct des IDGs. La théorie du développement d’adultes du professeur Robert Kegan compte d’ailleurs parmi ses fondamentaux. Les trois professeurs étaient présents et ont contribué de manière active au succès du sommet de lancement des IDGs le 29 avril 2022 à Stockholm.

Un projet conçu en co-création

L’initiative des IDGs a gagné en ampleur grâce à un développement continu en mode co-création. Des experts, des scientifiques, des praticiens et des organisations à travers le monde se sont fortement impliqués. En 2021, le premier rapport IDGs a été publié. Il explique le contexte, la méthode et le cadre de travail avec cinq catégories et ving-trois compétences transformationnelles. Le rapport présente les résultats des deux enquêtes en ligne basées sur les contributions de plus de 1000 participants. Nous co-créons dans une communauté d’intérêt et avons organisé jusqu’à présent six conférences et réunions «MindShift - Growth that Matters» avec plus de 3000 participants actifs au total.

De Stockholm à Genève

Le fondateur du mouvement est le suédo-ukrainien Jan Artem Henriksson. Il est actuellement le CEO des IDGs créées par la Fondation Ekskäret, 29K et The New Division.

Le développement du réseau s’est basé sur le travail collaboratif. Ainsi de plus en plus de personnes se sont senties concernées et sont devenues acteurs. En Suisse, nous avions déjà eu deux événements à Bâle et à Zurich lors de la journée du lancement officiel des IDGs. Un autre événement aura eu lieu à Genève au courant du mois de mai. Au niveau mondial, nous parlons pour le moment de quelque 60 relais avec environ 4000 personnes impliquées.

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Texte: Willi Studer

Coach et consultant (proviatus.ch) et ambassadeur des IDGs en Suisse (innerdevelopmentgoals.org).

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