Conseils pratiques

Valeurs féminines et masculines: alterner l'action et l'être

La société patriarcale nous pousse vers l'action, la vivacité d'esprit et le dynamisme. Au détriment parfois de la prise de hauteur, du ressourcement et de la créativité.

Tête dans le guidon. Combien de fois avez-vous entendu ou utilisé cette expression? Avec ce mélange aigre-doux de fierté (plus je suis occupée et active, plus je suis importante, non?) et de lassitude.

L’éloge omniprésente de l’action nous amène à faire, faire, faire. L’action est importante, absolument nécessaire, mais elle rate totalement son objectif quand elle devient une fin en soi.

Le besoin inné de reconnaissance et d’acceptation par ses pairs rend l’humain très sensible à ce qui est valorisé. Noyés dans tout ce qu’il y a «à faire», les tâches à accomplir, les délais à tenir, nous n’avons plus le temps d’être. Le burnout est une des conséquences de cette glorification de l’action. Pourtant, on sait tous que l’action n’est possible qu’avec le repos.

Observer et s'observer

Une des conditions sine qua non pour offrir du management et leadership de qualité est de prendre du recul, s’arrêter et écouter, observer et s’observer. Une des conditions sine qua non pour une entreprise pérenne et prospère est d’innover, évoluer, être créative pour s’adapter à un marché VUCA.

Faire c’est bien, sauf quand on oublie d’être. Comme tout dans la vie, l’équilibre des polarités est fondamental.

Le système nerveux autonome, celui sans qui notre organisme ne serait pas vivant, se divise en deux: le sympathique (SNS) et le parasympathique (SNP). Le SNS stimule l’action, le mouvement, la vivacité d’esprit, la concentration, le catabolisme (brûler l’énergie). Le SNP favorise le sommeil, la digestion, la régénération, la réflexion, le métabolisme (stocker l’énergie). Interdépendants, ils ont besoin de s’alterner pour garantir un état de santé convenable.

Les énergies masculines et féminines, aussi appelées yin et yang (tiens, l’ordre est inversé, intéressant!), sont un reflet de cette double polarité. L’homéostasie, capacité d’un système à naviguer autour de l’équilibre quelles que soient les conditions, régit aussi bien le fonctionnement d’un organisme vivant (le corps humain par exemple), que d’un écosystème.

Or, les siècles de patriarcat ont pour conséquence une survalorisation de ce qui a trait à l’énergie masculine (action, domination, compétition, individualisme, logique, extériorité, ...) et une dépréciation des aspects énergétiquement féminins (repos, entraide, collaboration, communauté, intuition, intériorisation, ...). Ce déséquilibre, couplé à notre besoin intense de reconnaissance et d’acceptation, pousse les hommes comme les femmes à faire, faire, faire.

Homéostasie

Et si le temps était venu de retrouver l’homéostasie dans le fonctionnement professionnel? Si, au lieu de grands mouvements de balancier d’une extrême à l’autre, on mettait la priorité sur l’équilibre au centre?

Que faudrait-il pour que lever la tête de notre fameux guidon soit une évidence? Comment pouvons-nous, chacun et chacune à notre échelle, accorder de la valeur au «vide» (espace de prise de hauteur, d’accueil, de créativité, de ressourcement) autant qu’au «plein» (action, dynamisme)? Si telle est notre intention, comment choisissons-nous nos mots? Quelle est l’influence sur nos habitudes, nos croyances, notre hygiène de vie?

Une idée, juste une. Avant de définir chaque jour ce que je vais faire, j’aime commencer en clarifiant ce que je veux être. C’est comme donner une couleur aux actions de la journée, tout en créant automatiquement un filtre décisionnel: cette action est-elle pertinente et cohérente, ou vide de sens par rapport à mon intention d’être du jour?

Parfois je me dis que je suis naïve. Je préfère quand je me considère optimiste et confiante. Toutes les études sont concordantes: les entreprises avec plus de femmes dans les sphères dirigeantes sont plus rentables et résistent mieux aux crises. Et si au lieu de s’arrêter au genre des membres du comité de direction, on mettait l’accent sur les énergies yin et yang présentes chez les hommes comme les femmes, avec une posture résolument favorable à la complémentarité et l’équilibre? Peut-être que chacun y gagnerait, non?

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Joëlle Dey-Boada œuvre pour un monde où conscience et unité sont la norme. Elle aide les leaders de demain à incarner leur puissance avec conscience, en travaillant particulièrement avec les femmes qui ne se reconnaissent pas dans les modèles proposés.

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