Doctorats HES: l’AMS salue le rapport du Conseil fédéral

L’Association of Management Schools Switzerland (AMS) réagit au rapport du Conseil fédéral sur les programmes de doctorat menés  conjointement par les universités et les hautes écoles spécialisées, La faîtière des Hautes Ecoles de Gestion des HES, salue notamment le fait que  le rapport reconnaisse l’importance de telles coopérations. 

Les Hautes écoles de gestion (HEG) au sein des hautes écoles spécialisées mènent une recherche orientée vers la pratique, en travaillant étroitement avec les entreprises, les institutions publiques et les organisations à but non lucratif pour former des spécialistes et des  cadres hautement qualifiés. 

Pour pouvoir continuer à apporter cette contribution à l’innovation suisse à long terme, il faut  des personnes dotées de compétences scientifiques de pointe qui comprennent en même  temps les défis du terrain. La formation doctorale pour les diplômées et diplômés qualifiés de  programmes de master HES dans le domaine de l’économie et du management constitue une  opportunité de former de tels profils. 

«Les coopérations entre universités et hautes écoles spécialisées sont importantes et fructueuses, lorsqu’elles existent, déclare  Florian Evéquoz, président de l’AMS, dans un communiqué. Mais le rapport montre aussi qu’elles dépendent aujourd’hui très  fortement de partenaires, de personnes et de cultures institutionnelles spécifiques. Dans le domaine de l’économie et du management, il  faut des voies institutionnelles plus fiables vers le doctorat – et pas seulement des solutions  au cas par cas.» 

Du point de vue de l’AMS, le rapport met également en évidence certaines limites du système  actuel. Aujourd’hui, contrairement à l’Allemagne, les hautes écoles spécialisées suisses ne  peuvent pas assumer de manière autonome la responsabilité de doctorats. Elles dépendent  des universités, qui disposent du droit de délivrer des doctorats. La possibilité de suivre une  formation doctorale dépend donc de la disposition à coopérer des universités partenaires et  des conditions qu’elles fixent. 

S’agissant de la question de l’absence de doctorats HES évoquée dans le postulat, le rapport renvoie avant tout à un renforcement de la collaboration entre  les HES et les hautes écoles universitaires, notamment par le biais des contributions liées à  des projets (PgB). Du point de vue de l’AMS, cette réponse n’est pas satisfaisante : l’instrument des PgB n’est, en l’état actuel, financé que jusqu’à la tranche annuelle 2026 et pas au-delà.

Le rapport présente en outre principalement les coopérations qui ont effectivement vu le jour.  Les cas dans lesquels des coopérations ne se concrétisent pas restent ainsi moins visibles – par exemple parce qu’il n’existe pas de partenaires universitaires appropriés dans un domaine  donné ou parce que les conditions imposées aux diplômées et diplômés de programmes de  master HES sont disproportionnées ou peu transparentes. 

L’AMS demande dès lors en particulier : 

  • des coopérations institutionnelles plus contraignantes et durablement viables entre les universités et les hautes écoles spécialisées en matière de doctorat dans le  domaine de l’économie et du management
  • des conditions d’admission proportionnées et équitables au doctorat dans les universités suisses pour les diplômées et diplômés qualifiés de programmes de master  HES en économie et management
  • l’étude du modèle allemand de doctorats HES en vue d’explorer à moyen terme les  possibilités de doctorat sous responsabilité propre pour les unités de recherche fortes  des hautes écoles spécialisées dans le domaine de l’économie et du management

L’AMS considère ce rapport comme le point de départ d’un débat politique. En vue de la prochaine politique fédérale en matière de formation, de recherche et d’innovation, il faut une  perspective claire pour une formation doctorale qui renforce le modèle à succès de la recherche dans les hautes écoles spécialisées, en particulier dans le domaine de l’économie et  du management.