Référendum contre l'ouverture des commerces trois dimanches par an à Genève

A Genève, les syndicats et la gauche lancent un référendum contre la loi votée en urgence permettant aux commerces d'ouvrir trois dimanches par an. Ce texte fait fi de l'existence d'une CCT étendue dans le secteur, voulue en votation, dénoncent-ils.

Travail dominical.JPG

Les référendaires ne doutent pas qu'ils seront soutenus par la population. Photo d'archives: Keystone

(ats) "Le référendum est nécessaire pour des raisons démocratiques. Il y a deux ans, la population a dit 'oui' à un nombre limité de dimanches par an, pour autant qu'un cadre protège les travailleurs", a indiqué devant les médias Pablo Guscetti, d'Unia. En novembre 2016, le contre-projet à l'initiative cantonale des syndicats "Touche pas à mes dimanches!" avait, en effet, été accepté par 57,42% des voix.

Avec le passage en force de la droite au Grand Conseil, l'exigence d'une convention collective de travail (CCT) étendue dans la branche tombe, déplorent les référendaires. Selon Unia, les employés de la vente ne sont pas fermés à toute discussion sur le travail dominical, mais ils veulent un minimum de protections dans un secteur où les conditions de travail sont toujours plus difficiles.

"Travail précaire"

La loi issue du contre-projet n'a jamais été appliquée. En effet, la CCT étendue dans le commerce de détail avait été dénoncée en juin 2016 par les syndicats, qui voulaient discuter d'une nouvelle convention adaptée à la réalité de la branche. "Le patronat nous a dit vouloir attendre la votation et n'est pas entré en matière par la suite", explique Pablo Guscetti.

Vendredi dernier, lors du débat au Grand Conseil, la droite comme la gauche a déploré l'absence de partenariat social. Les référendaires accusent le patronat d'avoir cherché à négocier une CCT cadre avec un syndicat national, la Société des employés de commerce, qui n'est pas représentative à Genève. "Les milieux patronaux veulent imposer un cadre non négocié", critique le socialiste Romain de Sainte Maire.

A ses côtés, la députée Jocelyne Haller, d'Ensemble à Gauche, relève qu'un autre projet de loi, UDC cette fois, prévoit l'ouverture des commerces six jours sur sept jusqu'à 20h00. "Les nocturnes du jeudi sont un échec. La droite prétend vouloir sauver des emplois tout en développant le travail précaire", analyse-t-elle.

Prix déterminants

Pour Dominique Tinguely, des Verts, l'ouverture des commerces le dimanche est inefficace contre le tourisme d'achat: "L'élément déterminant est le prix. De plus, cette loi va favoriser les grands groupes au détriment des petits commerces familiaux qui peuvent déjà ouvrir le dimanche". Plus généralement, les Verts estiment que le dimanche doit être consacré à autre chose qu'à la consommation.

Les référendaires ne doutent pas qu'ils seront soutenus par la population. "Les Genevois ont déjà voté. Ils confirmeront certainement leur vote", avance M. de Sainte Marie. La récolte des 5227 signatures commencera dès que la loi sera publiée dans la Feuille d'avis officielle.