10.04.2024

SSST: les spécialistes de la sécurité et la santé au travail doivent être mieux soutenus

La Société suisse de sécurité au travail (SSST) s’apprête à célébrer son 40e anniversaire le 25 avril prochain, à Berne. Si l’engagement au quotidien de ses 1’800 spécialistes a contribué à la diminution de moitié des accidents professionnels en Suisse depuis 1980, un récent sondage mené auprès de ses membres démontre un manque de soutien des entreprises qui les emploient ainsi que des contrôles trop peu nombreux.

Le 1er janvier 1984, l’entrée en vigueur simultanée de la Loi sur l'assurance-accidents (LAA) et de l’ordonnance sur la prévention des accidents (OPA) ancre dans la loi la sécurité au travail et l’obligation pour les employeurs de faire appel à des spécialistes de la sécurité pour assurer la santé et la protection des travailleurs, rappelle un communiqué. C’est dans ce contexte que la SSST voit le jour le 15 juin 1984 afin de promouvoir une formation continue de qualité, mieux faire connaître le travail de ses membres et défendre leurs intérêts. La SSST propose notamment des journées de formation continue et tient à jour un Registre professionnel qui atteste du statut de formation de ses membres ainsi qu’un catalogue de formations labellisées.

Un sondage mené récemment auprès de ses membres révèle que 62% d’entre eux respectent les exigences légales en matière de formation continue. Pour les 37,5% des membres qui ne se déclarent pas à jour, les principaux motifs invoqués sont le manque de soutien des employeurs, le manque de temps ou l’absence de peur d’être sanctionné ! Pour la SSST il appartient aux organes de contrôle de faire respecter l’obligation légale de prise en charge de la formation continue par les entreprises. Le temps et les coûts liés à la formation ne doivent pas être à la charge des employés.

La balle est dans le camp des organes de contrôle

Pour Cédric Cagnazzo, entrepreneur et membre du comité directeur de la SSST, «ces résultats interpellent mais la sécurité au travail est souvent perçue comme une contrainte par les dirigeants qui doivent composer avec d’autres priorités. Or, différentes études démontrent que la prévention est bénéfique pour les entreprises car les absences coûtent cher à l’employeur. La formation doit donc être considérée comme un investissement et ainsi le regard porté sur les chargés de sécurité changera.»

Les spécialistes de la sécurité contribuent à la diffusion d’une véritable culture de la prévention, non seulement au sein des entreprises mais également auprès de la population, grâce à leur engagement dans des activités de milice. Ce modèle de partenariat social fait partie de l’ADN de la Suisse et a contribué à sa prospérité. Il constitue un acquis qu’il faut préserver, au moment où il est toujours plus difficile de trouver des personnes qui acceptent de faire partie de comités ou de rejoindre un exécutif.

Dépôt d'un postulat de soutien au système de milice

Face à la fragilisation du système de milice, la SSST et suissepro ont lancé l’an dernier une Déclaration de soutien au système de lice en Suisse afin sensibiliser les entreprises à cette problématique et les inciter à mettre en place des mesures concrètes pour soutenir les collaborateurs qui souhaitent s’engager.

«Avec 31 entreprises et associations – patronales et syndicales - cosignataires, qui s’engagent à mettre en place des conditions de travail favorables à des activités de miliciens, le résultat de cette campagne se situe bien au-delà de nos espérances, précise Christian Wyssmüller, président de la SSST. Il démontre l’attachement des Suisses au système de milice. De nombreuses personnalités nous ont également témoigné leur soutien et nous nous réjouissons du dépôt par le conseiller national Jean Tschopp d'un postulat demandant au Conseil fédéral d’examiner l’opportunité de mesures incitatives et facilitatrices permettant aux salariés de s’engager pour la collectivité afin de développer notre système de milice.»