Le taux d'activité des femmes s'élève à 80,8%, soit une légère augmentation par rapport à l'année précédente (80,4%). Il en va de même pour le taux de chômage des femmes, qui reste toutefois faible à 4,7%. En revanche, la proportion de femmes occupant un emploi à temps plein a diminué, passant de 60,7% à 59,2%. L'écart salarial entre les sexes reste élevé, à 17,4%, et a même légèrement augmenté par rapport à l'année précédente (17,2%).
«Ces chiffres montrent que la situation des femmes sur le marché du travail suisse stagne et s'est même détériorée dans certains domaines, explique Teena Madhvani, associée, People & Organisation, PwC Suisse, dans un communiqué. Les femmes continuent de faire face à des défis considérables, tels que des services de garde d'enfants limités et coûteux, alors qu'elles assument la majeure partie des responsabilités en matière de soins. Cela offre toutefois aux entreprises suisses la possibilité de devenir plus attrayantes pour les talents féminins, par exemple en leur permettant de concilier vie familiale et carrière.»
Progression ralentie dans l'ensemble de l'OCDE, mais écart salarial en baisse
Alors que la Suisse reste stable dans l'indice, les données de l'OCDE montrent un ralentissement global. Ainsi, l'indice «Women in Work» n'a progressé que de 0,5 point entre 2023 et 2024, soit deux fois moins que la moyenne annuelle depuis 2011 (1,0 point).
Ce ralentissement s'explique principalement par la détérioration des perspectives d'emploi pour les femmes : le taux de chômage féminin dans l'OCDE a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 5,5%, et pour la première fois, la proportion de femmes occupant un emploi à temps plein a diminué, passant de 78,1% à 76,8%. Cela indique une tendance croissante au travail à temps partiel.
Il est toutefois positif de constater que les différences entre les sexes s'atténuent quelque peu dans certains domaines : l'écart salarial moyen au sein de l'OCDE a diminué de 0,6 point de pourcentage pour s'établir à 12,4%, ce qui représente la plus forte baisse enregistrée au cours des cinq dernières années. En outre, l'écart entre les taux d'activité des hommes et des femmes s'est réduit de 0,3 point de pourcentage.
Les leaders et les lanternes rouges
L'Islande conserve pour la cinquième fois consécutive la première place de l'indice grâce à son taux d'activité féminin exceptionnel de 85,1%, soit 12 points de pourcentage de plus que la moyenne de l'OCDE (73,1%). Les principaux facteurs de réussite sont des congés parentaux généreux, des services de garde d'enfants de haute qualité et une culture du travail favorable à la famille, qui encourage par exemple la semaine de quatre jours.
Le Luxembourg, la Nouvelle-Zélande, la Slovénie et la Suède suivent en tête du classement. Tous ces pays affichent des écarts salariaux relativement faibles et disposent d'infrastructures qui soutiennent les femmes actives, en particulier celles qui ont des responsabilités familiales.
Le Mexique, la Corée du Sud, le Chili, l'Italie et la Grèce restent en queue de peloton. Ces pays affichent une faible participation des femmes au marché du travail et d'importantes disparités dans les taux d'activité, notamment en raison de l'insuffisance des structures d'accueil et des obstacles culturels.
La Suisse en comparaison internationale
Avec un écart salarial stable de 17,4%, la Suisse se situe nettement au-dessus de la moyenne de l'OCDE, qui est de 12,4%. La proportion supérieure à la moyenne de femmes employées à temps partiel et la lenteur des progrès en matière d'égalité salariale montrent que la Suisse a encore du retard à rattraper en matière d'égalité.
«La Suisse peut s'appuyer sur des résultats stables, mais doit continuer à promouvoir activement les femmes sur le marché du travail, dit Johannes Smits, associé, People & Organisation chez PwC Suisse. Le recul de l'emploi à temps plein chez les femmes en Suisse et la persistance de l'écart salarial sont des signaux d'alarme. Seules des mesures cohérentes, telles que des modèles de travail plus flexibles, permettront d'accélérer l'augmentation du nombre de femmes à des postes de direction et de promouvoir l'égalité salariale, dans l'intérêt de notre économie, de nos entreprises et de notre société.»
À propos du «Women in Work Index 2026»
Depuis 2011, l'indice «PwC Women in Work» évalue l'égalité des femmes sur le marché du travail à l'aide de cinq indicateurs clés : le taux d'activité des femmes, l'écart entre le taux d'activité des hommes et des femmes, le taux de chômage des femmes, la proportion de femmes occupant un emploi à temps plein et l'écart salarial entre les sexes. L'étude analyse 33 pays de l'OCDE et met en évidence les progrès et les défis en matière d'égalité sur le lieu de travail. Pour cette étude, les données du marché du travail de 2024 pour 33 pays de l'OCDE ont été évaluées. Les données utilisées pour mettre à jour l'indice WiW sont celles de l'OCDE et d'Eurostat, afin de garantir la comparabilité internationale. Les principales sources utilisées par ces organisations pour les données suisses sont l'Office fédéral de la statistique (OFS), le Secrétariat d'État à l'économie (SECO), la Direction du développement et de la coopération (DDC) et la Banque nationale suisse.