«Du moment qu’il y a un apprentissage, il faut qu’il y ait une émotion»
La sixième édition de l’AGORA de la formation de l’Association Romande des professionnels de la formation d’adultes (ARFOR) a réuni 130 participants•es le 19 mars 2026 à Yverdon-les-Bains. Manila Marra, nouvelle présidente de l’ARFOR, revient sur les points forts de cette journée.

1. Alexandre Lecoultre (debout), collaborateur à la FSEA et rédacteur de la revue Éducation permanente pendant son atelier.
Photos: Pierre-Yves Massot / realeyes.ch pour HR Today

2. Jehan Laliberté, Co-fondateur Systemz Sarl et co-fondateur Unplugged

3. Stéphane Jacquemet, spécialiste en formation continue des adultes et en ingénierie de la formation

4. Pierre Von Kaenel, Co-fondateur Concretis SNC, membre comité de l’ARFOR, Joanna Mayot-Gros, co-directrice de l’EMBA, HEIG VD et Olivier Mooser, Responsable formation, Raiffensen Suisse

5. Nicole Aniello Germanier, Responsable de formation, Groupe Raiffensen, Cynthia Bovy, Responsable de formation, Banque Cantonale Vaudoise, membre comité de l’ARFOR, Béatriz Macedo, Adjointe de direction Association InVia et Eva Mladinic, Directrice Association InVia

6. Anne-Claire Violette, Responsable de formation, Fondation Perceval et Olivier Dubey, Technical
training leader, SICPA

7. Sophie Jouvenaux, Consultante - Experte RH, Ville de Lausanne, Estelle Guyot, Consultante Digital Learning, MindOnSite, Marc Münster, Co-directeur de Sanu AG et Co-directeur de RegioSuisse et Anne-Julie Choffat, Responsable de formation, CEP
Que retenez-vous de cette édition?
La très belle énergie de tous les participants! Les échanges furent très riches. Le travailler ensemble durant les différents laboratoires a très bien fonctionné (thèmes abordés: la transformation du rapport au travail, à l’apprentissage et à son propre développement; les organisations apprenantes; le design des formations et leurs nouveaux outils afin d’élaborer des recettes pour stimuler le plaisir d’apprendre, ndlr.) J’ai senti une forte envie de développer des nouvelles idées et d’amener ces innovations dans les organisations. Le thème de la Transformation et comment allons-nous apprendre en 2030 font vraiment sens aujourd’hui et prendre le temps de se questionner et réfléchir à cela était une évidence.
Comment l’IA a-t-elle été abordée durant la journée?
L’IA n’est qu’un levier. C’est la posture du formateur qui fait la différence. Cela dépend aussi du contexte de chaque entreprise, de ses objectifs et des moyens à disposition. Je retiens aussi que les émotions vont continuer à jouer un grand rôle dans les formations. Elles sont un levier d’ancrage. Sans émotions, c’est difficile d’être engagé, a expliqué Lisa Bellinghausen. Du moment qu’il y a un apprentissage, il faut qu’il y ait une émotion. Enfin, la co-construction des formations sera clé. Pour qu’une organisation ou qu’une culture se transforme, les changements doivent être menés en co-construction.
Quel serait votre message aux RH?
Au-delà des KPI et des enquêtes de satisfaction classiques, il faut réfléchir en termes de processus d’apprentissage. Les indicateurs restent importants, mais ils doivent montrer que les compétences apprises ont bien été transférées sur le terrain. Il s’agit aussi d’impliquer les managers dans les formations. La formation n’est plus un exercice alibi. Elle doit s’inscrire dans un processus à plus long terme afin de transformer les pratiques de manière durables et ainsi créer un environnement où les collaborateurs apprennent en continu. Les RH doivent devenir des architectes de l’apprentissage et c’est à cette condition que la formation devient un véritable levier de transformation et de performance durable pour l’organisation.