Flexibilisation du travail

Le poste fixe indéboulonnable en Suisse

Même si les modèles de travail flexibles sont sur toutes les lèvres, la place de travail fixe a encore de beaux jours devant elle. Plus de trois quarts des employés actifs dans des bureaux en Suisse ont un poste qui leur est exclusivement dédié.

Bien que les concepts tels que les bureaux à domicile (home office) ou le partage des postes de travail (hot-desking) soient de plus en plus en vogue dans les entreprises helvétiques, quelque 77% des salariés du pays sont (presque toujours) assis sur la même chaise et devant la même table. C’est le constat que fait Deloitte après avoir interrogé un millier de personnes actives dans des bureaux.

Parallèlement, les auteurs de l’étude voient croître la part des employés qui travaillent de temps en temps ailleurs qu’à leur poste fixe: elle atteint également deux tiers. Dans le détail, 40% des salariés exercent leur activité professionnelle au moins un jour par semaine à l’extérieur des locaux de leur entreprise (que ce soit à la maison ou ailleurs, par exemple dans un espace de co-working). Ils sont même plus du quart (27%) à appliquer le télétravail plus d’un jour par semaine.

En encourageant leurs collaborateurs à travailler plus souvent à l’extérieur et en introduisant le partage des postes de travail, les sociétés peuvent réduire le nombre de postes fixes et créer des espaces dédiés à des tâches nécessitant un haut niveau de concentration, aux échanges ou au repos, rappellent les auteurs de la recherche. Reste que «bon nombre d’entreprises suisses négligent l’importance de restructurer l’aménagement des postes et les modèles de travail. Ils perdent ainsi à la fois de l’argent et des collaborateurs», commente dans un communiqué Matthias Thalmann, de Deloitte.

Organisation du travail nettement plus libre

Tandis que la flexibilisation de la place de travail a encore un fort potentiel de progression, l’organisation du temps de travail est devenue nettement plus libre en Suisse. Plus de sept sondés sur dix (72%) disposent d’une «certaine liberté» dans l’organisation de leur temps de bureau, contre 9% seulement qui disent devoir respecter des horaires rigides.

Par contre, le matériel que les entreprises mettent à la disposition de leurs employés laisse encore à désirer. Moins de la moitié des effectifs (47%) sont équipés d’un ordinateur portable permettant le télétravail, à peine le dixième (11%) d’entre eux ne possèdent qu’un smartphone ou une tablette professionnels et seuls 53% communiquent par chat ou message instantané.

Les spécialistes de Deloitte enjoignent les entreprises à se doter d’un vrai concept allant dans le sens de la flexibilisation du travail et d’adapter leur culture en fonction de ce concept. Il s’agit ensuite de communiquer sur la question et d’encourager tous les collaborateurs à adhérer à cette culture.

Mais les cadres doivent montrer l’exemple, avertissent les auteurs de la recherche. Or, près de quatre sondés sur dix (38%) affirment que leurs supérieurs n’appliquent pas le concept de travail flexible.

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Texte: hrtoday.ch
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Commentaires

Ce texte me laisse songeur !
A l'exception de quelques nomades pour qui une connexion Internet suffit à leur bonheur, la grande majorité des collaborateurs a besoin de quelques repères fixes à son poste de travail.
Dans un climat général peu stable, complexe et incertain, l'individu se sent plus en sécurité à un poste fixe qu'il peut aménager à sa guise (J'observe que même les vaches occupent toujours la même place à l'étable ! Elles ont peut-être quelque chose à nous apprendre.
Enfin, il est optimiste d'espérer des collaborateurs les comportements professionnels que les cadres ont de la peine à appliquer !
Je ne suis pas très optimiste quant aux vertus d'un monde du travail dématérialisé et dépersonnalisé.
Il me semble que d'éminents sociologues ont déjà pointé les enjeux principaux de l'implication au travail (Christophe Dejours et Vincent de Gaulejac notamment). Mais les CEO et les big boss ne lisent hélas plus ce genre de littérature !

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